Longtemps considérés comme cruciales à l'existence de chaque constructeur de consoles, les exclusivités se voient de plus en plus contestées ces dernières années à tel point que même les plus grands spécialistes estiment que l'on pourrait approcher de "la fin des exclusivités". Un parti pris assez prévisible au vu de la tendance mais dont les besoins concrets pour avoir lieu n'ont pour autant pas encore parfaitement amorcés par les constructeurs.
La fin d'une ère pour les consoles
L'achat d'une console donnée a souvent été motivée par la présence de certains jeux exclusifs sur celle-ci plutôt qu'une autre : on achète souvent une console Nintendo pour ses jeux Mario ou Zelda par exemple ! Or, on sait depuis un certain temps déjà que la courbe des ventes de consoles de dernière génération s'est montrée particulièrement décevante et qu'elle a même largement stagné la faute à la crise financière post-Covid 19 et l'augmentation considérable des coûts de développement de jeux réclamant toujours plus de temps et de ressources pour être produits. Ces facteurs impliquent ainsi que les entreprises vendent en toujours plus grande nombre leurs productions sous peine d'être déficitaires post-déploiement d'un jeu donné.
Seulement voilà, cette stratégie demeure souvent insuffisante et le succès pourtant colossal de Final Fantasy VII: Rebirth le démontre bien : limiter le déploiement d'un jeu à une console donnée, ici la PlayStation 5, limite également les revenus générés et met donc en péril l'existence même des studios de développement. C'est pour cette raison que Square Enix a récemment choisi de déployer ce même jeu sur PC, lui garantissant ainsi un nouveau succès beaucoup plus important, avant de révéler que l'avenir de ce studio reposait sur le multiplateforme.
Dans le même temps, c'est Xbox, qui opère sous la coupe de Microsoft, qui annonçait par le biais de Phil Spencer que ses franchises historiquement réservées aux consoles Xbox et aux PC seraient à l'avenir destinées à être portées sur les consoles de Sony et même sur la Nintendo Switch 2.
Dans cette optique qui tend à se généraliser auprès de la plupart des constructeurs et éditeurs, Jason Schreier, un journaliste renommé du journal américain Bloomberg, a récemment donné son avis sur la situation sur BlueSky. Pour lui l'avenir est assez clair : le glas de l'ère des exclusivités sur consoles sonnera bientôt, et il serait ainsi probable que les prochains mois ou les quelques prochaines années au plus tard permettent aux joueuses et joueurs d'avoir accès à plus de jeux que jamais qu'importe la plateforme sur laquelle ils jouent.
Steam et Epic Games, l'avenir des jeux vidéo de demain ?
Au-delà des consoles, Jason Schreier estime également que c'est Steam qui pourrait devenir un grand incontournable pour les studios de développement de jeux à une ère où les ventes de consoles auraient terriblement stagné et où le PC semble dans le même temps grandement gagner en popularité auprès d'une partie du public. Ce constat peut même être étendu aux autres plateformes de distribution, Epic Games notamment qui est en conflit ouvert avec Valve à propos de la monétisation des titres présents sur sa plateforme, et bien d'autres plus modestes ou "niches".
Là où les éditeurs étaient autrefois parfois frileux de déployer leurs contenus sur Steam ou l'Epic Games Store, les barrières s'abaissent et chacun semble mettre de l'eau dans son vin afin de maximiser les profits et garder la tête hors de l'eau alors que les coûts de production ne cessent de croître. C'est dans cette optique que l'on voyait notamment récemment Ubisoft annoncer l'arrivée de Star Wars Jedi: Survivor sur Steam, et même le futur Assassin's Creed Shadows prévu pour le 14 février prochain !
Ce changement de politique des éditeurs de jeux vidéo sera-t-il temporaire, ou bien assiste-t-on à la naissance d'une nouvelle ère pour le déploiement de jeux sur consoles comme sur PC ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer avec certitude. Une chose semble à peu près sûre : Microsoft comme Sony semblent déjà amorcer progressivement cette transition, et Nintendo pourrait être le seul constructeur à pouvoir se vanter d'exclusivités vraiment uniques dans les années à venir... avant de peut-être devoir céder à son tour, qui sait ?