Suite à une année transitoire délicate en raison du contexte sanitaire et une version next-gen timorée de FIFA 21, EA Sports nous promet cette année une "révolution de la jouabilité" grâce à la technologie HyperMotion. Cette dernière n’étant disponible que sur console de nouvelle génération, c’est donc sur PS5 que nous avons essayé cette première version de FIFA 22 qui comprenait uniquement le mode coup d’envoi contre l’IA et les quelques équipes suivantes : Réal Madrid, Atlético Madrid, Chelsea, Liverpool, Manchester City, Tottenham, Paris, Dortmund, Inter Milan, AC Milan et le onze Soccer AID.
Le Xe Sens
LA grosse nouveauté cette année découle d’un système de capture complètement différent, possible grâce aux maillots Xsens permettant, pour la première fois, d’enregistrer les mouvements de tous les acteurs d’une rencontre en plein effort et en condition de match réel.
La retranscription in-game est bluffante, les animations obtenues (pas moins de 4 000) sautent aux yeux et font indéniablement gagner en réalisme. Si l’on craignait que celles-ci soient limitées à certaines situations, elles sont en réalité présentes à tout moment du match et dans chaque compartiment du terrain et c’est là la force de la technologie HyperMotion.
On vous voit venir, mais il ne s’agit pas ici de fantasmer sur l’animation des cheveux au vent (les concernés se reconnaîtront) ou celle du drapeau du poteau de corner. Non, cette fois, on parle bien de gain en réalisme et en fluidité sur les contrôles de balle, les courses, les tacles (glissés et debout), les duels à l’épaule et aériens ou encore les transversales, les reprises de volée… Tout, vraiment tout, bénéficie de cette technologie, mais jusqu’à quel point cela bouleverse t-il réellement l'approche footballistique de ce nouveau titre ?
Le plafond de verre
C’est bien là le problème. Passé la dizaine de matchs, cet engouement s’estompe progressivement pour laisser place à la réalité : en l’état, FIFA 22 ne diffère en vérité pas tellement de son aîné, du moins, pas sur les éléments essentiels du gameplay.
Malgré un gain en inertie appréciable et un rythme plus lent agréable (encore sujet à évoluer), les phases de jeu ressemblent de très près à ce qui était proposé sur FIFA 21 avec des appels de balles tranchants dans la profondeur, tant sur les ailes que dans l’axe du terrain, pour le plus grand plaisir des amateurs du R1 + Triangle (RB + Y sur Xbox). La construction par le milieu semble une nouvelle fois avoir été mise de côté pour se retrouver rapidement aux abords de la surface, butant sur un bloc compact et difficile à transpercer. D’autant plus solide cette année avec la nouvelle IA tactique, la défense a bénéficié d’un travail sur le comportement de l’équipe qui se déplace désormais en bloc pour redescendre et couvrir davantage d’espaces pour une défense encore plus assistée qu’auparavant.
Et ce n’est pas tout puisque le pressing à deux (R1 ou RB en défense) a également été ajusté pour désormais permettre de sélectionner le deuxième joueur à l’aide d’un second curseur. En revanche, cette mécanique n’est pas utilisable à l’infini et elle impacte l’endurance de l’équipe. Une jauge vous indiquera d’ailleurs lorsque le deuxième joueur ne sera plus en mesure de presser. Il convient d’attendre la sortie définitive du jeu avant de condamner ces choix favorisant une défense assistée, mais en l’état, FIFA 22 emprunte le même chemin que son prédécesseur.
Met des soupapes comme Sterling
Vous l’aurez compris, il faudra vous armer de patience pour trouver la faille en essayant d’étirer le bloc et en passant par les côtés, notamment pour distiller des centres qui ont souvent été la solution pour trouver la marque grâce à un jeu de tête nettement plus efficace avec l’apport des duels aériens cinétiques. Pour les joueurs les plus techniques d’entre vous, il reste également les fameux gestes “cancel” car ces derniers sont toujours bien présents et efficaces, contrairement au petit pont et au grand pont qui eux, en l’état, ne semblent plus aussi puissants qu’auparavant, du moins face à une intelligence artificielle.
L’arrivée des gestes techniques en première intention (qui sortent directement au moment du contrôle) vient étoffer la palette technique et donner davantage de solutions dans les petits espaces, mais encore une fois il est difficile de juger de leur potentiel après seulement quelques matchs contre l’IA.
D’ailleurs, parmi les autres traditionnels ajouts d’EA Sports, nous retrouvons cette année "l'Accélération Explosive", une nouvelle mécanique qui, sur le papier, profite tant à l’attaque qu’à la défense, mais qui en réalité offre une opportunité d’effacer son vis-à-vis en se ruant vers le but adverse. La toute première accélération sur un sprint R2 (ou RT sur Xbox) est, comme son nom l’indique, “explosive” et il faut donc l’utiliser dans le bon timing pour en tirer profit.
En revanche, ne pensez pas qu’après avoir trouvé une brèche, concrétiser vos actions sera chose aisée. Grâce à une refonte des gardiens bénéficiant des nouvelles animations, ces derniers sont enfin des éléments forts sur qui compter dans les moments les plus décisifs d’un match à l’instar de Gianluigi Donnarumma — même si ça nous écorche de le dire. La diversité des arrêts et le comportement global des gardiens nous ont, pour le moment, laissé une très bonne impression sur cette bêta, en espérant qu’ils ne soient pas modifiés d’ici la sortie du jeu.
Avec le peu de temps de jeu à notre actif, nous n’avons pas encore trouvé de combinaison ou de frappe miracle pour tromper la vigilance des portiers à coup sûr, mais quelque chose nous dit que le “timed finishing” ou “finition synchronisée” pourrait bien signer son grand retour cet automne.
Après cette première bêta, c’est indéniable, EA Sports a réussi le pari d’innover considérablement la jouabilité de son premier titre pensé pour la next-gen en s’appuyant sur une technologie bluffante de réalisme qu’est l’HyperMotion. De là à complètement révolutionner le gameplay de sa licence ? Non, pas encore, du moins pas en l’état. Il est encore tôt et de nombreux changements auront très probablement lieu d’ici la sortie définitive, comme chaque saison.
Actuellement le spectre de FIFA 21 est trop présent dans les phases de jeu à notre goût, et ce malgré les très bons nouveaux points abordés plus haut tel que la refonte des gardiens, les animations et la physique globale du titre. Néanmoins, avec quelques ajustements, notamment sur la défense assistée, FIFA 22 aurait les qualités d’un très bon jeu de football — pour les possesseurs de consoles de nouvelle génération — car il se pourrait bien que sans HyperMotion, la version old-gen ne diffère vraiment guère de son prédécesseur.