Test de Pillars of Eternity - Complete Edition
Découvrez à présent notre test mis à jour pour la sortie sur Xbox One et PS4 de ce fameux RPG, intitulé à présent Pillars of Eternity - Complete Edition. Cette nouvelle version du jeu contient le jeu de base ainsi que ses deux extensions, The Wite March: Parts I et II. Les options de créations de personnages ont été enrichies et l'interface a été révisée afin d'être adaptée aux consoles.
Genre : Jeu de rôle
Développeur : Obsidian
Editeur : Paradox Interactive
Support : PC
Prix : 41,99€
PEGI : 16+
C'est l'histoire d'un mec...
Décidément, il fait bon être un amateur de jeu de rôles ces derniers temps. Alors que Bloodborne vient d'envahir la PS4 et que The Witcher 3 ne devrait plus trop tarder à arriver, Pillars of Eternity, un projet Kickstarter de longue haleine voit enfin le jour sur PC. Digne héritier de Baldur's Gate, PoE est un jeu de rôle résolument old school qui ne plaira pas forcément tout le monde, dû à l'investissement «temps» qu'il demande. Concrètement, n'espérez pas vous en sortir convenablement en petite session de trente minutes de temps en temps, non : Pillars of Eternity s'apprécie par partie de cinq heures d'affilée où vous n'aurez d'ailleurs peut-être pas du tout avancé, trop occupé que vous étiez à déambuler dans la cambrousse à la recherche de secrets à côté desquels vous auriez pu passer (la caverne d'un ours très énervé par exemple). Mais c'est ça aussi qui fait la force des jeux de rôle d'antan, cette capacité qu'ils ont à nous faire passer des nuits blanches devant notre PC, à essayer de terminer tant bien que mal une quête secondaire aux allures de trame principale.
Mais avant de parler de cette dernière, un petit mot sur la création de personnage, simplement pantagruélique : rien que sur cet éditeur, vous risquez facilement de perdre 30 à 45 min. Sexe, race, classe, origines, attributs... Autant de paramètres qui influeront sur votre relation avec les nombreux personnages du jeu. L'histoire de Pillars of Eternity vous plonge dans le monde d'Eora, au cœur d'une petite caravane en route pour une terre présentée comme un véritable havre de paix. Seulement, en cours de route, vous voilà pris d'un mal inconnu, forçant la troupe à s'arrêter près de ruines réputées comme extrêmement dangereuses. La suite, nous vous laissons la découvrir par vous-même, mais comme vous vous en doutez, votre destin finira forcément par croiser celui d'Eora. Autant vous prévenir tout de suite : si vous êtes allergiques à la lecture, inutile de vous lancer dans l'aventure car vous allez devoir avaler des kilomètres et des kilomètres de textes, pas forcément toujours bien traduits.
Que faites-vous les 6 prochains mois ?
Avez-vous déjà joué à un Baldur's Gate ? Eh bien Pillars of Eternity c'est pareil, néanmoins avec quelques petites touches de modernité qui permettent de rendre l'expérience de jeu confortable, comme le fait de pouvoir doubler la vitesse de déplacement des personnages, très pratique lors de la traversée de tableaux déjà connus. Le système de pause active fait bien entendu son retour, on ne présente plus cette mécanique qui permet de geler le temps à n'importe quel moment afin de planifier tranquillement ses assauts. Dans PoE, c'est un groupe de six personnages dont vous pourrez prendre le contrôle et comme dans tout bon jeu de rôle occidental qui se respecte, les alliances sont tout sauf gravées dans le marbre : il suffira d'une étincelle pour que le nain un peu trop bourru, mais fort utile, ne quitte l'équipe. Il faut réapprendre les conséquences que nos choix vont avoir sur notre partie et ça, Pillars of Eternity vous le rappelle dès son introduction. Plus que de simples prises de quêtes et autres affrontements épiques, le gameplay du titre d'Obsidian propose une bonne dose d'exploration et de gestion de vos personnages.
Traverser les différentes zones du jeu de part en part sera toujours récompensé par de nouvelles rencontres ou de nouveaux lieux à explorer et prendre soin de toute sa petite équipe est un véritable bonheur : leur trouver de quoi s'équiper, veiller à ce qu'ils soient toujours au taquet pour le combat... Mais encore une fois, tout cela prend énormément de temps et dur dur de quitter la partie en cours, quand Pillars of Eternity vous happe, il est très difficile de s'en sortir autrement qu'avec des cernes de 5 centimètres d'épaisseur. Il s'agit là tout simplement d'un nouveau grand classique du jeu de rôle à l'occidentale, une aventure épique à consommer sans modération, à tel point que l'auteur de ces lignes risque fort d'y replonger une fois l'écriture de ce test terminée. Cependant, il n'est pas parfait, loin de là : pour le moment, de nombreux bugs viennent gâcher la progression, les forums Steam liés au titre étant remplis de posts de mécontentement à ce sujet. Espérons qu'Obsidian change très vite la donne en corrigeant tout cela.
A l'ancienne
On ne change pas une équipe qui gagne, tel devait être le credo d'Obsidian lors du développement de PoE, puisque même la représentation graphique est similaire à ses aînés, avec des environnements tout en précalculé et des personnages modélisés en 3D. Le résultat fonctionne à merveille et l'attention qui semble avoir été portée à chaque écran force tout simplement le respect. Idem pour la bande-son du jeu, épique à souhait et accompagnant parfaitement les différents événements contés dans cette épopée de très longue haleine, que ce soit grâce au doublage anglais de grande classe ou à la musique qui s'autorise quelques-uns des plus beaux morceaux entendus depuis belle lurette dans ce registre. Mais, étrangement, et malgré son look résolument rétro, Pillars of Eternity se permet tout de même de demander aux joueurs une configuration assez musclée requérant jusqu'à 8go de RAM, sans vraiment le justifier une fois en jeu. Quoiqu'il en soit, l'émerveillement est total, et vous risquez d'en prendre plein les mirettes et les esgourdes, pour peu que la 3D isométrique ne vous rebute pas.
Portage sur consoles PS4 et Xbox One : Alors que Pillars of Eternity 2 est attendu pour début 2018, le premier épisode a été porté sur consoles et est sorti le 29 août. Les possesseurs de PS4 et de Xbox One ont droit à la Complete Edition qui contient, en plus de la dernière version du jeu de base, les deux parties de l'extension The White March. C'est le studio Paradox Artics qui s'est chargé de ce portage.
Au niveau des graphismes, rien à dire. La vue en 3D isométrique est claire et détaillée. Les animations des personnages sont parfaitement fluides et les différents effets de lumière, notamment lors des lancements de sorts, sont magnifiques. Même si parfois la profusion d'ennemis peut gêner un peu, on s'y retrouve et le jeu ne connait pas de ralentissements. On le sait, le RPG n'est vraiment pas le style de jeu vidéo le mieux adapté à la console. Alors, imaginez un RPG "à l'ancienne" et toutes ses mécaniques particulières héritées des jeux de plateau : des paramètres à régler dans tous les sens, du crafting, toute une équipe de héros à gérer avec leurs races, leurs rôles, leurs builds, etc. Ça fait beaucoup pour une manette de console. Même si naviguer entre les différents menus reste assez aisé, s'y repérer et s'y déplacer ensuite n'est pas aussi simple. C'est un poncif, mais jamais une manette ne remplacera un combo clavier/souris dans le maniement d'un RPG. Mais là encore, Paradox Artics a fait de son mieux et le résultat, pour celui qui se donne le courage de passer les premières heures afin d'acquérir les réflexes de maniabilité nécessaires, en vaut la chandelle. Non, le vrai problème est ailleurs : les chargements. Ils ne sont pas spécialement longs mais il y en a partout et tout le temps. Vous changez de tableau : chargement. Vous descendez d'un étage dans une auberge : chargement. Vous entrez dans une grotte : chargement. Déjà qu'il y a les innombrables textes à lire, mais toutes ces coupures supplémentaires cassent complètement le rythme du jeu. Sans ce désagrément, le portage était un sans-faute. Malgré cela, il reste tout de même un RPG appelé à devenir un classique, si ce n'est déjà le cas, et que tout les aficionados se doivent de faire absolument.
Trailer de la Complete Edition
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Les plus et les moins |
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Un retour aux sources réussi | La surabondance de textes pourra en décourager certains | ||||
Des tableaux de toute beauté | Une traduction loin d'être parfaite | ||||
Des fonctionnalités qui viennent simplifier la vie | Les chargements | ||||
D'une richesse inouïe | |||||
Durée de vie titanesque |