Ce n'est pas la première fois que le Président de la République Française s'intéresse à l'esport. Si certains se souviennent de son sweat Team Vitality, Emmanuel Macron s'est surtout fait remarquer en annonçant l'organisation du premier Major de l'histoire de Counter Strike en France en septembre 2022. Cette même année, il avait aussi organisé une réception à l'Élysée avec de nombreux acteurs du secteur (joueurs, dirigeants, influenceurs, organisateurs...).
Cette fois, le Président s'est de nouveau positionné sur le sujet esport dans le cadre de sa visite officielle au Maroc. Dans l'enceinte de l'université de Rabat et accompagné de plusieurs représentants français de l'industrie, il est venu parler de gaming et de futures collaborations entre nos deux pays. Cette sortie très spécifique risque de passer au second plan par rapport aux autres dossiers chauds de cette visite (accords énergétique, situation du Sahara Occidental, immigration...), mais voir le Président parler d'esport et de futurs projets retient évidemment plus particulièrement notre attention. Alors que la zone MENA (Middle East and North Africa) est en pleine extension dans le domaine du jeu vidéo et qu'elle s'intègre en plus à la grande région EMEA, de futurs évènements sont peut-être à prévoir...
Un témoin privilégié : Bertrand Amar
Parmi les membres de la délégation française, on retrouvait quelqu'un qu'on connaît plutôt bien... Bertrand Amar, head of esports chez Webedia, entreprise dont fait partie MGG. Ce dernier a accepté de nous en dire plus sur cette visite et les possibles retombées futures.
- "Le Maroc et la France ont déjà une belle histoire commune sur les questions de gaming et d'esport. Webedia y a déjà organisé des éditions de l'ESWC Africa sur Fifa ou League of Legends ou encore géré depuis le Maroc le circuit amateur panarabe de League of Legends et Valorant (playground). La visite du Président Macron met un coup de projecteurs sur les acteurs locaux qu'ils s'agissent des studios de développement ou d'acteurs de l'esport marocain qui étaient à l'honneur pendant une séquence de près de deux heures ce mardi après midi en présence du Président, des Ministres de la Culture Française et Marocain et du Ministre des affaires étrangères."
- "Ce voyage est aussi l'opportunité de mettre en place de nouvelles collaborations entre les deux pays sur ces sujets comme le lancement du programme local de l'école de jeu vidéo Isart Digital. Pour ce qui est de l'esport j'ai pu échanger avec le Ministre des Affaires Étrangères, Jean-Noël Barrot sur la question des Visas pour les joueurs à un an de l'accueil de joueurs de nombreuses nationalités, notamment Africaines, à l'occasion de EVO France car il avait participé en 2023 à la mise en place du passeport talent pour les joueurs esport."
- "Le Président a rappelé que la volonté de la France à recevoir plus évènements esports internationaux exprimée en 2022 a porté ses fruits avec le Blast TV Major de Counter Strike, les Worlds de LoL, l'EVO, les Champions de VALORANT ou d'autres événements majeurs en préparation pour 2025.
La collaboration avec le Maroc pourrait s'étendre sur ce sujet en travaillant avec les éditeurs et les autorités à ce qu'un événement international puisse se tenir en Afrique, au Maroc."
Une région EMEA en plein développement
Géographiquement comme culturellement, la France et le Maroc sont proches. Mais dans le monde de l'esport, ces deux pays font surtout partie de la grande région EMEA. On peut citer comme exemple les EMEA Masters sur League of Legends ou le tournoi VCT Ascension EMEA sur Valorant. Une collaboration plus poussée entre nos deux pays semble donc totalement logique pour développer notre région compétitive commune.
De manière plus concrète, la question des visas évoquée par Bertrand Amar pose régulièrement des problèmes dans l'esport de haut niveau. Organisateurs, équipes et joueurs ont besoin d'un maximum de soutien pour éviter les obstacles et ce genre de visite officielle ne peut faire qu'avancer la cause dans le bon sens. Récemment le joueur turc Kaan "Naak Nako" Okan n'a pas exemple pas pu se rendre à Paris pour la finale de la Banque Postale Coupe de France.